Pavé, Clot des Cavales

Les 31 juillet et 1 août 2010, Refuge du Pavé, Vallon du Clot de Cavales, Ecrins,

Un secteur que voulais découvrir depuis un moment, l’idée me trottait dans la tête cet hiver pour y aller à skis. Ma première sera donc estivale.
Nico étant toujours convalescent, je tricote sur Camptocamp pour trouver quelqu’un et partir en haute montagne. Je fais la connaissance de Louis Grenet qui me propose d’aller faire la directe 76 au Rouget … à la journée dimanche. Ce n’est pas une paire de manches ce Rouget, mais on y va comme ça (cf. la tourte dans la Console).

Dernière minute vendredi, Franck qui devait bosser dimanche m’appelle, nous partirons donc tous deux.

Départ samedi après-midi, plutôt tranquillement (on quitte la voiture à 15h …). La montée au refuge est annoncée pour quatre heures, il faut filer si on ne veut pas rater la soupe.
Le plan de l’Alpe est vraiment très long, je l’imaginais long, mais pas à ce point (bien 5km).

On entre dans le vallon du Clot des Cavales, la montée devient plus efficace et on découvre les sommets avoisinants : En face, le Pic Nord des Cavales et la Pointe Emma. Sur notre gauche, Roche Méane et le Pic Maître de la grande Ruine. Au milieu des deux derniers, le réputé col du Diable. Sur notre droite, le Pic Gaspard et le Pavé.
Une partie de la montée se déroule sur l’énorme moraine du Glacier. Le recul glacière est impressionnant, le fond de la moraine est bien 100m plus bas.
La partie finale comporte deux options pour rejoindre le refuge. Solution 1, en rive gauche un chemin câblé, solution 2 – que nous adopterons – par ma moraine, plus long semble-t-il.

Arrivés au refuge pour les derniers rayons de soleil, nous sifflons vite une bière entre deux conversations avec Serge RAVEL que j’avais reconnu (Nico le connait bien). Ils ont déjà bien écumé le secteur et sont montés pour faire “Oxygène Rare” au Pavé, un beau morceau d’escalade libre à plus de 3400 mètres d’altitude.

Demain, notre course sera plus modeste. Nous irons faire le Pic Nord du Clot de Cavales, la grande, mais néanmoins superbe classique du secteur. Serge dit que nous y serons pour 8h … j’ai un peu de mal à le croire … on n’est pas pressé … nous verrons bien.

Quel repas. La gardienne ne s’est moquée de ses clients, nous avons tous fait ripaille. Le genépi du cru nous a même été offert … “Dame” !
Qui plus est, le refuge était complet. Sans blague, seule à 2840m pendant quatre mois sans redescendre dans la vallée => Chapeau !

“En rang d’oignons !” : Voilà l’allure du couchage de notre nuit, ça va pas être facile, d’autant qu’à cette altitude, votre nuit ressemble plus à un examen médical. Je précise pour l’examen médical ? Alors, sur le dos, les bras le long du corps pour ne pas bousculer vos deux collègues voisins, les yeux grands ouverts (le hibou).
On ajoute ensuite ceux qui font de l’enduro (les ronfleurs), les péteurs (moi par exemple) et l’absence de sommeil, surtout quand on est couchés à 21h.

Aller, 5h, “Réveil” (comment s’appelle un réveil quand on ne dort pas ?). Je pense qu’on s’est quand même un peu reposés. Le petit déjeuner est vite enfilé, on décolle vite pour ne pas se coller du monde dans la voie.
Cela ne sera pas facile, un couple parti plus tôt nous précède ainsi que trois autres personnes que nous avions plus ou moins doublé pendant l’approche.
Les deux cordées donc, tirent des longueurs sur les cinquante premiers mètres … “Merde … ça va être long”…
Je décide de couper court. Je me lance tête baissée un peu à gauche des cordées. Il s’agit de dalles faciles. Un choix osé, mais qui paiera. Je trouverais largement de quoi me protéger.
Les deux cordées sont maintenant derrière nous. L’escalade oscille entre la face Est – encore très fraiche – et le fil de l’arête baignant dans l’extraordinaire lumière que renvoie le superbe granit du Pic Nord.
Le sommet est à deux pas. La vue est à prendre. Il est 7h45, nous avons couru …

Nous avons la journée devant nous : Casse-croûte près du col, Cueillette de Génépi, etc …

Ah, fait divers : Lors de notre descente, nous avons croisé un homme “Nu” qui montait au refuge. Nous étions curieux de l’accueil que ferait la gardienne à cet énergumène … il semble que le naturisme ne soit pas réservé à notre littoral.
Franck avait du mal à y croire … “Mais non lui dis-je, les moraines ne provoquent pas d’hallucinations”.


Les photos de Franck [ratings]

Pic Nord du Clot des Cavales, 3362m, (150m), PD+/II/P2, III

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